Valeurs
Valeurs et Convictions |
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L’idée de ce cours résulte d’un constat. Il existe un gap entre ce qu’il est coutume d’appeler la finance "académique" et la finance "opérationnelle". Avant de définir la nature de ce gap je voudrais mentionner une anecdote que m’a rapporté un ancien directeur global des risques d’une grande banque britannique. Celui-ci intervenait alors en tant que consultant chez un éditeur de logiciel financier basé à Sophia-Antipolis que je venais de rejoindre après plusieurs années en banque de marchés. Au cours d’une réunion informelle avec deux ingénieurs financiers en charge de l’intégration des options exotiques, il leur a posé la question suivante :
N’ayant pas de réponse, il les a salué et a rejoint son bureau laissant les deux docteurs (l’un en math, l’autre en physique) à leur béatitude réciproque… Ce qui est intéressant dans cette anecdote ce n’est pas l’absence de réponse mais plutôt son corollaire immédiat : ces deux ingénieurs financiers avaient travaillé plusieurs mois sur les aspects formels liés aux options exotiques sans, à aucun moment, se poser la question :
Je pourrais multiplier les exemples de ce type dont certains plus personnels. Il existe bien une finance "académique" pour laquelle les aspects formels et calculatoires sont une fin en soit et une finance "opérationnelle" où les aspects formels ne sont pas absents (loin s’en faut) mais répondent toujours à des objectifs, des logiques et des contraintes métiers. Notons que ces deux approches s'interpénètrent régulièrement du fait de la puissance symbolique qu'exerce les mathématiques sur les esprits et de la tentation (avouée ou inavouées) toujours vivace chez les financiers et les investisseurs de trouver UNE martingale. Ainsi de nombreux chercheurs quittent périodiquement leurs laboratoires pour succomber aux charmes des banques d'investissements (et plus récemment des hedge funds) avec parfois des visions assez préconçues de ce que sont les marchés financiers. Invité par un universitaire à visiter un hedge fund à Genève au printemps 2004, j'ai fait la connaissance d'un chercheur en mathématiques, normalien de son état, qui faisait partie du voyage. A mon interrogation naïve et impertinente sur ses motivations à vouloir exercer ses talents dans le monde de la concurrence pure et parfaite, il m'a répondu avec un soupçon de condescendance :
Je suis persuadé qu'il le pensait réellement, c'est bien là le problème... La crise dite des subprimes que nous vivons depuis l'été 2007 est un crise de défiance spontanée et contagieuse vis-à-vis de produits financiers dont la complexité et l'opacité ont été poussé très au-delà du raisonnable. La maîtrise des risques sur ces produits a fini par échapper aux équipes de gestions et de contrôles (buy side et, de façon plus étonnante, sell side) trop enfermées dans leurs certitudes formelles mais aussi, et de façon plus préoccupantes, aux structures de management victimes d'un phénomène d'illusionnisme. Les modèles mathématiques sont utiles pour ce qu'ils disent mais bien plus encore pour ce qu'ils ne disent pas sur l'objet réel qu'ils cherchent décrire. Pour qu'il en soit ainsi, il faut que la connaissance du réel précède la modélisation et non l'inverse... C'est dans cette optique que le cours est construit et bien plus encore, enseigné. Merci de me contacter pout toute information supplémentaire. |
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| Dernière mise à jour : ( 16-08-2008 ) |